Le métro vers l'album

La première fois que l’on arrive à New-York, c’est……... wouaah. Les prochaines aussi, du moins pour moi. Le wouaah sera prononcé différemment selon les personnes, étonné, époustouflé ou écœuré.

Que vous sortiez du métro en arrivant de l’aéroport, d’un bus à la 42eme ou d’un train à Penn Station l’effet est garanti.

Le bruit.

Caractéristique. Rock and Roll de sirènes, de ronronnements des clim’, de la circulation, bip bip des passages piétons, des grincements du métro sous vos pieds à travers les grilles d’aération, et même des mouettes. Vous êtes dans le bruit.

L’odeur.

Un parfum macadam métal rehaussé eaux usées en été.

La vue.

Une réserve urbaine avec une multitude d’architecturaux en perpétuels mutations. Les styles se côtoient bien tirés aux cordons le long des avenues. La faune, des gens, si différents ,si unique, si New-York.

 Diffuseur de parfum     il est pourtant interdit de nourrir les animaux

Rapidement vous aurez une impression de déjà-vu.

Pourquoi ? Le cinéma.

Depuis les années 50 le grand écran remplit nos têtes d’images et de musique de cet immense décor de cinéma qu’est New-York. Le cinéma est aussi politique, partout. Cela va de la propagande à la contestation d’un régime (ce n’est pas partout). Les pays et surtout les USA utilisent cet art pour diffuser leurs idéaux, où leur poison selon vos propres idéaux. Très critiques envers eux-mêmes de grand réalisateur se montrent très sévères envers leur drapeau.

Cela marche, qui ne connaît pas un héros américain ? Même les bagnoles deviennent des mythes avec eux. Personne ne saurait ce qu’est une DeLorean sans le farfelu professeur Emmett Brown.

Si un film s’est trop patiné on le rafraîchît avec un remake.

 Ambiance Bronx      Le joker habite en haut à gauche en montant

Ainsi nous reconnaissons des d’endroits où nous ne sommes jamais allés. Les cinéphiles connaissent les quartiers de New-York, du huppé east-side à l’hostile Bronx, des clichés diffusés par le cinéma.

Mon dernier cliché : Le Joker.

Les escaliers de l’imaginaire Gotham city qui relie Shakespeare avenue à Anderson avenue sont réel et dans le Bronx. Ici débute la poursuite du joker par deux « cops », bien choisis, qui l’interpellent. Le Joker, joyeux, dans son costume de scène termine la descente des marches après une gesticulation de son improvisation accompagnée par la musique : Rock'n'roll Part 2 de Gary Glitter.

La scène est courte, moins de deux minutes. Les auteurs et acteurs savaient-ils que ces escaliers allaient rejoindraient la longue liste des lieux de tournage consacrés en monuments cinématographiques par les spectateurs ?

 

Station 167 ligne 4 MTA, celle du joker    Personne ne l'a vue.

Le joker, alias Arthur Fleck, habite dans ce quartier au look encore année 60 coupé en deux par la ligne 4 de MTA. Le métro aérien enferme dans la pénombre l’avenue. Les freinage des rames provoque un couinement aigus, les vibrations se ressentent du sol au plafond. Dans le film Arthur descend à la station 167, ligne 4. J’ai fait comme lui mais avec mon mauvais sens de l’orientation j’ai eu du mal à localiser les escaliers. Peut-être parce que c’est un des rares endroits ou rues et avenues ne dessinent pas des parallèles et perpendiculaires. Quand ils voient un « non Bronx » les locaux devinent sa destination, comme les montmartrois avec le bistrot des deux moulins depuis Amélie Poulain.

- L’escalier et la maison du joker, descendez, à gauche, 10 mètres et vous le verrez.

 

  

Un autre escalier à proximité    Le joker n'est pas méchant

La jeune épicière en face se souvient du tournage, elle aussi a été marqué par la morale du film qui inverse les rôles, le joker n’est pas méchant me raconte-elle, c’est la société et les autres qui l’ont transformé. Batman, lui n’est pas si gentil.

Il fait chaud je ne monterais les marches qu’une seule fois pour les redescendre sans imiter le style Joker, pas le look, sans masques et sans costumes cela n’a pas de sens.

 Beaucoup de spectateurs me voyant attendre me demandèrent de faire leur photo souvenir avec leur téléphone. L’image s’additionnera aux autres dans leurs réseaux sociaux. Bizarrement aucun ne remarque la petite mosaïque représentant le joker.

Le film ne date que de 2019 et malgré l’un des plus grands sucés du 7eme art et les récompenses reçues ils est bien rangé au fond d’un tiroir.

Pourquoi ?

Il est plus qu’une critique du drapeau américain. Le film se termine avec une émeute « Kill the rich » dans un pays qui ressemble à beaucoup de démocratie dite occidentale. Un appel à une révolution. Pendant de grosses manifestation en France, au Chili, au Liban, à Hong Kong beaucoup portaient le masque du joker.

Dans la caserne Ghostbuster    Dans la caserne ghostbuster

 Il est un autre lieu de tournage qui attirent les cinéphiles dans un tout autre registre, une comédie farfelue ou trois scientifiques chassent les fantômes qui hantent New York depuis les premiers colons : Ghosbuster.

La caserne de pompier où les chasseurs de paranormal investirent leurs derniers dollars pour y installer leur « entreprise » est maintenant un monument cinématographique.

Cette caserne a failli être détruite, le film l’a sauvé. Aujourd’hui remise en état elle abrite un seul camion de pompiers, quelques souvenirs du film et objets du 11 septembre.

Proche de l’attentat les pompiers de Hook and Ladder 8 furent parmi les premiers à intervenir.

Le film date de 1984, bientôt 40 ans, toute la journée parents, enfants et même les animaux de compagnie veulent la photo.

Bravo le cinéma.