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Cracovie, capitale de la petite Pologne et deuxième ville de toute la Pologne, surtout connue grâce au pape jean Paul II nait ici. Je n’ai même pensé à repérer sa maison familiale pour vous en montrer une image. Il est tellement partout que j’en ai oublié le principal. C’est un pays très religieux, les catholiques pratiquent leur foi, les églises ne sont jamais vides. Dans les rues j’ai croisé beaucoup de soutane et de religieuses en habits. Mais je vous le dis tout de suite je ne me suis pas arrêté à Cracovie pour ceci. Je savais que sa vieille ville méritait le détour. J’ai préféré y passer plus de temps plutôt qu’à la capitale ou je ne suis resté qu’une journée à me promener sur les remparts de Varsovie comme madame dans la chanson de Brel.

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Les remparts de Varsovie

C’est en train que j’ai relié Varso à Craco, toujours le même paysage depuis mon départ de Paris il a maintenant presque deux mois : de la plaine. L’Europe ne serait qu’une vaste étendue offerte aux cavaliers barbares pillant les villages ? Je comprends mieux maintenant les invasions de toute part en tout temps que l’on nous rabâche à l’école.

A la descente du train un fléchage vers la vieille guide le visiteur, c’est un parcours IKEA qui oblige à traverser le Krakowska Galeria collé à la gare, le grand centre commercial de la ville. Au final ce fléchage vous abandonne dans un parc à un arrêt bus.  

 

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J’ai de la veine le soleil est revenue le deuxième jour.  Une vieille ville en générale est entourée de remparts. Ici ils ont disparu en grande partie, il reste une porte d’entrée toute seule au bout d’une rue. Comme en bas de mon faubourg Parisien avec sa porte St Denis. A Cracovie la porte est doublé d’un petit fort accompagné de son pont levis. Les spécialistes des fortifications du moyen âge auront reconnu un ouvrage qui s’appelle une barbacane, elle date du 15eme et complétait la défense de la porte Florian encore debout aujourd’hui. La seule rescapée des huit qui protégeaient l’intérieur des murs de Cracovie. Je vous le disais plus haut en Europe il y a toujours eu de la baston, fallait prévoir. Le château de Wawel lui a encore toutes ses fortifications sur son rocher ou bute la rivière Vistule avant de contourner la vieille ville.  Au pied du château, dressé sur ses pattes arrière le fameux dragon tente d’effrayer les touristes avec son haleine inflammable en griffant le ciel de ses griffes.

 

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Vous attendez la légende ? La voici.

Ce dinosaure de dessins animés vivait dans une tanière du rocher. Gourmand il dévorait les jeunes filles offertes en sacrifice. Souvent dans les scénarios de dragons les vierges sont les premières sélectionnées au casting. Lorsqu’il ne resta plus que la fille du roi il promit de l’offrir en mariage à celui qui anéantirait le dragon. Plusieurs vaillants chevaliers relevèrent le défi pour finirent dans le ventre de la bête. Un jeune cordonnier compris qu’un dragon énervé sera toujours plus fort qu’un homme bien entrainé. Il remplit de souffre la panse d’un agneau et déposa son appât devant l’antre du monstre. Le dragon se jeta sur son nouveau menu et avala le poison, il en avait marre de bouffer de l’humain et voulait changer de plat. Le souffre lui causa des brulures d’estomac et il but tellement d’eau pour calmer ses entrailles qu’il en explosa.  Je vous avais prévenu c’est une histoire sans suspens à dormir debout.

 

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Sur l’incontournable place du marché les restaurants et boutiques à touriste ceinture le périmètre sans défigurer le site. Les façades ont de l’allure, elles forment un carré entourant un grand rectangle : l’ancienne hall aux draps. Face à lui l’église sainte Marie, un peu de biais, est étonnante par ses proportions, étroite et haute. Elle dresse son clocher depuis le 14eme. J’ai pris un tram jusqu’au bout de la ville pour voir une autre église du 15eme siècle, saint Barthélémy, construite en bois sombre dans un pré tout vert à cette saison. Cela a de l’effet. C’était dimanche le jour de la messe. Trop petite pour accueillir ses fidèles la cérémonie se déroula à l’extérieur. Au retour, malgré le gavage de Moscou et St Pétersbourg j’ai voulu regoûter à du soviet. Je me suis arrêté dans le quartier Nowa Huta, traduction de nouvelle fonderie. Staline a fait construire une usine avec des logements prolétaires proches de la ville bourgeoise de Cracovie considérée conservatrice. Pur style soviet, je suis vacciné. Je n’ai même pas été salué Lénine car je l’avais croisé la vieille au musée de l’aviation ou sont alignés dans un champ des vieux aéronefs aux ailes fatiguées.

 

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Il est mieux là !                                               La messe du dimanche

Me voici enfin arrivé au vrai prétexte de ce passage à Cracovie qui n’était pas Jean Paul II mais la mine de sel de Wieliczka. Toujours dans le même trip après les usines soviétiques la mine de sel en Pologne. Sa légende est encore plus invraisemblable que celle du méchant dragon. Là c’est une gentille princesse, Kinga, la  fille d’un droit hongrois.  Elle jeta sa bague de fiançailles offerte par le prince polonais Bolesta dans une mine de sel que venait de lui donner son père. Elle avait une idée derrière la tête qui explique son geste insensé.

Plus tard installé en Pologne une intuition la poussa à faire creuser un puits et vous ne le croirez pas ! un homme déterra un gros caillou de sel dans lequel se trouvait la bague. Miracle, elle avait réussi sa ruse, ouvrir une mine de sel pour la prospérité de Cracovie. Dans une région si catholique cela suffit pour qu’elle soit devienne Sainte Kinga, béatifiée en 1690 et promut patronne des mineurs. Je connaissais sainte Barbe pas cette Kinga.

La visite guidée est obligatoire, des fois que quelqu’un se perde dans les 300 km de galerie à 130 m sous terre. L’ambiance mine de fond a peu disparu, il y manque les bruits, les odeurs. Depuis des décennies ce ne sont que des touristes qui descendent alors forcément la patine s’est un peu ternie. Le plus spectaculaire est cette chapelle dédiée à Sainte Kinga, 30 années de travail par les mineurs eux-mêmes, hors salaire. Cela méritait bien un classement à l’Unesco et surtout le respect de tous les gars qui ont tapé du pic sous terre.

 

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 La rusée KInga retrouve sa bague         Nowa Huta, pur style Staline

Pologne Cracovie

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