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Terminus Moscou. Je suis content de revoir la place Komsomolskaya avec ses trois gares à l’architecture différentes représentante chacune sa région. Celle de Leningrad d’où je viens de descendre du train Sapsan, le TGV russe, parti ce matin de Saint-Pétersbourg, la gare de Vladivostok d’où je suis monté dans le transsibérien il y a presque 10 ans, et en face la gare de Kazan. Cela me fait encore plus plaisir en songeant que j’ai quitté Paris, il y a un mois, depuis la gare de l’Est qui est juste sous mes fenêtres. J’ai pris mon temps, il existe un train hebdomadaire Paris Est Moscou qui effectue le trajet en 38 h pour 380 € environ, c’est rond comme calcul. Il est midi, je vais profiter un peu de cette place en y déjeunant, face à la gare de Vladivostok le rêve de beaucoup de voyageur du rail. Ils sont nombreux chaque soir à monter dans un wagon vers la Sibérie, s’ils lisent Jules Verne ou Sojélistine ce ne sera pas le même voyage.

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 Vladivostok                        Saint-Pétersbourg               Kazan

Dans le métro qui me rapproche du Tolstoï boulevard, ma résidence est à proximité, face à moi un passager me rappelle Dostoïevski, je connais l’homme pas l’œuvre. La Russie a ses grands classiques. Sympa il accepte la photo, est-il fier de constater qu’il ressemble à un vrai russe aux yeux d’un étranger ? Quelques heures plus tard, en début de soirée je redescends dans le métro pour me rendre place de la révolution. Une station qu’il ne faut pas manquer. Le métro de la capitale des soviets est de conception différente du nôtre, c’est un bien commun. Le travailleur et les autres qui partent travailler tôt le matin ont le droit à ce faste offert par la glorieuse patrie reconnaissante du labeur quotidien de tous ses sujets. Le métro est plus beau que leur modeste habitat. En même temps c’est un peu propagande, personne ne doit oublier son devoir pour la patrie.Est-ce que le moscovite laborieux est plus heureux que le turbineur parisien chacun dans son couloir de correspondance ? Pas certain, au bout d’une semaine je ne remarquais même plus ce faste austère des stations. Sa propreté, j’acquiesces c’est très agréable.

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 Construit plus tardivement par Staline et selon les standards CCCP, il est profond et résisterait aux bombardements, vaste il peut accueillir des centaines de personne en cas de nécessité. Dans les années 30 les Bolchevicks se sentaient menacés et craignaient déjà des attaques. Dans cette station place de la révolution achevée en 1938 chaque voute en marbre est soutenue par des personnages de bronze très « soviets style », travailleurs, militaires, paysannes, intellectuels soutiennent fièrement les 34m de terre au-dessus d’eux.  

J’ai lu quelque part que leur sculpteur Matveï Manizer a voulu laisser un autre message, tous courbent le dos sous le régime Stalinien. J’observe néanmoins qu’ils plient l’échine avec le sourire, je ne sais pas quoi en penser, aujourd’hui c’est de bon ton de tout jeter aux feux. Je ne nie pas du tout les exactions du petit père des peuples mais ce commentaire je ne l’ai trouvé que dans un documentaire américain.

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 Pour un peu il aurait juré que chaque œil de bronze cacherait une caméra et des micros dans les oreilles des statues écouteraient vos conversations. Petit joueur les russes, Edward Snowden l’a prouvé, l’espionnage américain est d’une autre ampleur. Dommage de ne pas parler russes ils me diraient-ils vraiment ce qu’ils en pensent.  Ces statues plaisent aux touristes du monde entier. Les passants russes, vite imités par les touristes caressent le museau du chien assis aux pieds d’un garde barrière, ses narines brillent plus que toutes les étoiles du communisme dans le métro. Je n’ai vu personne frotter une étoile.

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                                                                                            porte Voskressenskie

 D’autres stations ont également une histoire, certaines ont servi de poste de commandement pendant la guerre, on peut encore voir sur le sol les rails de guidage de l’ancienne porte blindée. Il existerait même un métro 2 très secret qui relierait les points stratégiques du pouvoir. Un russe m’a montré un escalier qui descend à un ancien bunker, un secret de polichinelle aujourd’hui, des documents déclassés par les archives US l’attesteraient.

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 Après un regard sur chaque personne je sors de la station place de la révolution.  Mauvais côté de l’avenue, la place rouge est en face, il faut redescendre en sous-sol et ressortir sur l’autre trottoir. La fatigue commence à ralentir mon allure. Faut bien repérer la sortie de métro car certaines avenues de Moscou peuvent être deux fois plus larges que nos champs Élysées, 120 mètres par endroit à Lenin prospekt.

 Il est des vues du monde que l’on connait tous tellement nous les voyons régulièrement à la télévision, la place rouge en fait partie et ceci depuis les années en noir et blanc. Je presse le pas en franchissant la Porte Voskressenskie, pas facile à prononcer. Elle parait petite à coté des deux immenses bâtiments en brique qui la bordent, l’hôtel de ville et le musée historique. Elle fût construite dans les années 30, toujours par le même, en remplacement de la porte de la résurrection trop étroite pour ses jouets militaires.

 

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Tous ces constructions sont d’un rouge « sang de pigeon ». Et pourtant le nom de la place n’a rien à voir avec cette couleur, ni des matériaux ni du régime, c’est une traduction approximative. En vieux russe le nom signifiait beau. D’ailleurs dans certaines régions le même mot pouvait signifier beau et rouge. On l’a compris pour un russe le rouge c’est beau.

La place Rouge était vide
Devant moi marchait Nathalie
Il avait un joli nom, ………

Je pénètre sur les pavés avec Bécaud dans la tête, Il faut avoir plus de 60 ans pour connaitre cette chanson.

Grosse déception !

La place rouge n’est pas vide, envahie de boutiques provisoires, genre marché de noël, c’est le festival de la musique militaire.

Mais voir au loin le mausolée de Lénine à travers des kiosque de burgers, de «snow globe » et des poupées gigognes de grands footballeurs, c’est une autre image que les défilés militaires avec Brejnev saluant les bolcheviks du même geste de la main que la reine d’Angleterre. 

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Au fond le mausolée de Lénine. 

Ringard :