Saint-Pétersbourg

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J’aurais préféré y arriver  en sous-marin soviétique se faufilant au fond du golfe de Finlande, remonter au périscope la Neva et faire surface à  Saint- Pétersbourg. Faut pas rêver, le bus de Riga m’a laissé au bord de la gare.

 La ville que  Pierre Le Grand édifia  en hommage à Pierre l’apôtre. Le quatrième souverain des Romanov  jugeait  sa Russie trop tourné vers des anciennes traditions qu’il rejetait.  Il décida, en 1703, de s’éloigner des boyards ringards de Moscou  et édifia une nouvelle capitale au bord de mer Baltique. En l’installant à une extrémité du plus grand pays du monde il orientait sa Russie vers l’Europe.

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Un rêve impossible, arriver à Saint-Pétersbourg en sous-marin.  

Pendant un temps la cité de Saint Pierre s’affubla du nom d’un drôle apôtre : Lénine selon les évangiles communiste. Leningrad  gardera cette appellation jusqu’en 1991 ou par référendum les habitants votèrent le retour à Saint Pierre. Mais depuis l’époque des évangiles rouge Moscou récupéra et garde toujours son statut de capitale, depuis 1917.   

Actuellement Saint-Pétersbourg a la préférence des touristes et se veut l’attraction phare  en  affichant sa différence culturelle. Je ne sais pas quoi en penser,  je ne suis pas ici pour juger mais pour découvrir. En attendant j’y suis, les guides ne me parlent que de palais, églises et musée, normal pour des guides. Mes visites sont programmées en fonction de la météo dans les pays au ciel capricieux, la pluie me jette dans les musées, le soleil dans la rue. Saint-Pétersbourg prétend posséder l’un des plus grand musée du monde : l’ermitage. De l’extérieur il est attirant comme une pâtisserie à la pistache et chantilly sur son plateau d’argent, la place du palais au bord de la Neva.  On le voit aujourd’hui tel qu’il est depuis 1837 reconstruit par Nicolas Ier  après un incendie.  Malgré de gros dommages lors du siège de 1941 par les nazis et leurs acolytes finlandais il résista à l’épreuve. Par contre tous les chats qui protégeaient les œuvres d’art des souris depuis qu’Elisabeth Ier  périrent pendant ce siège. On devine pourquoi. Comment écrire ceci sans rappeler que 800 000 personnes moururent pendant ces 900 jours d’atrocité.  Les russes n’ont pas beaucoup parlé de cet épisode effacé au profit de la glorieuse bataille de Stalingrad. Est-ce indécent d’évoquer cette anecdote des chats ? Un peu, mais je n’irais jusqu’à souhaiter un monument, les rappels à la guerre sont déjà nombreux.

 

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 A l’ermitage, ce sont plus les dorures du palais qui m’attirent que la profusion d’œuvre d’art.  Inévitable et ridicule de comparer avec Versailles, je trouve le palais français plus bling-bling que le russe, Louis XIV qui se prenait pour le soleil voulait briller.

L’ermitage n’est pas en reste coté magnificence, magnifique escalier, nombreuses dorures  tout ceci plus sobre que Versailles. Les lecteurs de la revue « point de vue » aimeront sans doute. Après trois heures de piétinement sur des parquets  que vous ne trouverez dans aucun catalogue IKEA la fatigue me gagne. Je quitte le palais en  pensant à l’effet de toutes ces richesses sur les sujets de ces prétentieux tsars et tsarines. Le  peuple vivait dans la misère, la faim et les maladies.  Lorsque les ventres affamés prennent le dessus et qu’ils ne peuvent plus regarder leurs monarques comme des divinités bienveillantes les peuples se révoltent. D’abord en France, le roi et la reine  furent  raccourcis, puis en 1918 les Romanov exécutés, même leurs chiens furent passés par les armes. Cela en dit long sur les colères. Désolé de ce ton que certains trouveront  irrévérencieux, je le suis. Je ne peux m’en empêcher lorsque je vois ces gens qui se pâment devant les monarchies. J’en pense pas moins lorsque je croise une idole communiste comme ce saint Lénine pointant du doigt la marche à suivre vers la gloire du socialisme. On connait la suite.  Ils restent  quelques statues dans l’ex Leningrad, elles sont  grandes mais sans dorure, tout de même.

 

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Staline le fameux petit père des peuples a été déboulonné, quand même. Ses portraits se vendent  aux puces de la ville. Moi, de cette passade historique c’est Gagarine que je recherche, à la rigueur je pourrais le mettre sur mon étagère à coté du tintin objectif lune.   

 

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Au Peterhof, le palais de Pierre Le Grand au bord de la Baltique je ne suis pas rentré dans le musée.  Le ciel était trop beau avec le soleil qui se faufilait entre les nuages et jouait avec l’eau des fontaines.  Dans ces contions le royal jardin est reposant et le peuple peut profiter. Des familles  y viennent pique-niquer, 8€ l’entrée équivalent à un bon repas en ville

 

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 Les anciens palais de la noblesse remplissent la ville. Catherine la grande  qui régna de 1762 à 1796 était l’une des femmes les plus romanesques de son siècle. Elle laissa une forte empreinte dans l’histoire. Il ne faut pas que retenir sa réputation sulfureuse, à qui certains attribue la maternité de l’adjectif peu flatteur de «catin» à des dames de petite vertu.  Elle fît grandir la Russie c’est certain, mais socialement son bilan est contestable, enfin le social à cette époque ! Elle eu beaucoup d’amants, son cadeau de rupture pouvait être un palais. Est-ce pour ceci qu’il  y en a tant aujourd’hui ?

 

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Les églises, essentiellement orthodoxe,  ne manquent pas. Pas en odeur de sainteté pendant la période Leningrad elles sont encore là et sont très fréquentées par un peuple dévot. La cathédrale Saint Sauveur sur le sang versé s’est appelé  saint sauveur sur patate quand les rouges l’utilisèrent comme entrepôts de légumes. C’est rigolo ? En passant devant notre dame de Kazan je me suis souvenue que Koutousov était inhumés ici  alors j’y suis rentré par curiosité. Sur le mur à droite de sa tombe sont accrochées les clés de la ville de Nancy saisies pendant la campagne de France en 1814.

 

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Je n’ai pas perdu mon temps sur les traces des fantômes de Saint-Pétersbourg,  Pierre le Grand, Catherine la petite princesse allemande devenue la mère de la Russie, le poète négrillon Pouchkine, Lénine bien sur. Il m’en manque un de taille, ce diable de Raspoutine, le compagnon d’infortune de Corto Maltése, la prochaine fois.