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Capitale du Brunei ? Vous ne le savait pas, je ne suis pas plus malin, je viens de  l’apprendre en achetant le billet de bus pour m’y rendre.  

- Vous allez où au Brunei ?  m’interroge la vendeuse dans une cabane maquillée en agence de voyage sur le tarmac du terminal de bus à Miri.    

- Je ne sais pas, au centre ville. Je me trouve un peu idiot, je pensais qu’il ni avait qu’une seule ville.

- La capitale Bandar Seri Begawan, 50 ringgit.  
C’est l’apprentissage  du terrain. Sur la carte numérique à l’échelle de Bornéo les lettres B, R, U, N, E, I occupe tout le territoire. Si j’avais zoomé les autres villes seraient apparues au fur et à mesure sur l’écran. Cet état membre de l’ONU depuis 1984, et du Commonwealth, ne fait que 5765 Km2, la taille de notre Cantal.  

 

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La décoration des rond points donne une idée. 

 Mon bus stop à la douane du Brunei une heure plus tard, je reconnais son drapeau sur la façade.  Avant d’aller dans un pays  je mémorise ses couleurs, la capitale normalement je la connais, le premier ministre que je trouve sur internet et un joueur de foot que je n’ai pas cherché pour le  Brunei.  Je me présente bien droit devant le douanier, je soigne toujours un peu mon allure aux polices des frontières, chemise propre et rasé. Je tends le passeport, lecture par l’ordinateur, prises des empreintes digitales, rentrée des données, tout ceci ne prends que quelques secondes, c’est quand même bien les passeports biométriques. Paf ! Le  coup de tampon : visa de 90 jours.

Thank you sir.

 Le chauffeur repart après vérification que tous les passagers soient à bord.  Avant de s’engager sur la voie rapide nous contournons  une théière géante au milieu d’un rond point, cela me donne un aperçu de la tendance culturel du coin,  du genre les vieux wagons de mineur en Lorraine ou la fusée en plastique à Kourou, om aime ou pas, cette théière est marrante. 

Le  bus s’élance prend son allure, une heure trente plus tard, nous sommes au centre ville, à la capitale.   

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L'une des deux rues commercantes de la capitale. 

 J’ai réservé une chambre dans un HLM local, merci Booking. Une fois mon sac posé, je suis prêt à découvrir la capitale du pays à la théière au milieu d’un carrefour.  La ville est parsemée des couleurs nationales, des drapeaux claquent au vent, sur les façades, dans les rues. La ville s’est mise sur son 31, taillage des haies, pose de tribune et répétition de défilé. C’est leur 14 juillet, vendredi 23 février c’est la fête nationale, le pays commémore la fin du protectorat anglais de 1984.  Bien avant les anglais, au 15eme siècle juste après l’islamisation le sultan du Brunei régnait sur Bornéo, Java et les Philippines. Les marchands qui viendront d’Europe y feront un sérieux découpage. Les Portugais, puis les espagnols et même les hollandais se sont bagarré  ici. En 1841, c’est au tour de l’aventurier british Brooke,  que nous avons déjà croisé, qui s’occupera du grand Sarawak. Après toutes ces péripéties historiques il ne restera au sultan qu’un état réduit à une peau de chagrin, mais avec un immense palais. Avec cette peau de chagrin le sultan actuel Hassanal Bolkiah figure dans le top 5 des plus grandes fortunes du monde. Il possède une collection d’automobiles inimaginable, un Boeing 747 décoré d'or et la plus grande résidence du monde. Je ne vous montrerais pas de photos, je n’ai pas été invité.  

 

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Grande mMosquée et petite église, les photos ne sont pas à l'échelle. 

 Bling bling tout ça ? Je repense à la théière. En 2014 il instaure la charia dans sa monarchie malaise islamique comme il la définit lui-même. Un boycott est appelé pour ne plus fréquenter sa chaine d’hôtel mondial  Dorchester Collection. Voilà pourquoi je ne descendrai jamais dans ses 5 étoiles, le Beverly Hills à LA, le Dorchester à London, le Meurice et l’Athénée à Paris.

 Alors elle est comment cette capitale du Brunei ? Petite, trois grosses mosquées, deux courtes rues commerçantes,  quelques musées et bâtiments administratives font la ville. Ne pas oublier le parc Taman Haji et l’église St Andrew toute bleue au milieu des arbres verts.

 

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Kampong, le village gaulois qui se prend pour Venise. 

C’est Kampong Ayer qui attira toute ma curiosité, un village gaulois dans la ville qui résiste à sa démolition souhaitée par le sultan. Il se dit le plus grand sur pilotis du monde. Tous les capitales prétendent à un plus grand m’importe quoi du monde.  Et bien ici se sont ces 30 kilomètres de trottoir en bois au dessus de l’eau reliant 40 petits villages ou vivent 39000 personnes. Antonio Pigafetta, un chroniqueur vénitien de la flotte  Magellan y passa en 1521 et fût le premier à parler de ces gens sur l’eau. Vu son origine il dénomma l’endroit «Venise de l’est ». Il faut ne pas avoir vu la Sérénissime pour le croire. Un labyrinthe de passerelles en équilibre à la géométrie désordonnée vous mène  partout. Les dômes dorés des mosquées et les écoles me servent de repère visuel, il faut retrouver une sortie. Beaucoup de cahutes menacent, une porte claquée un peu fortement et c’est peut-être le dessin animé, une première planche chute doucement, suivi rapidement d’une autre, au tour de la fenêtre et la baraque finit en tas de bois planté dans la boue. Des maisons fleuries  mériteraient une médaille de coquetterie, même sans nains de jardin.

 

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 Pendant deux jours je déambuler sur ces trottoirs en bois.  Lorsque mes pieds rebondissent  sur les planches mal cloués j’ai la sensation de marcher sur un parquet à la Versailles, sans cirage, dangereux à cause des glissades. Les barques slaloment entre les pilotis, déposent les personnes et la marchandise. Leurs moteurs troublent la tranquillité  des lieux mais font partis du décor sonore comme les miaulements des chats bagarreurs  et les cops qui chantent en dehors de l’heure réglementaire du lever de soleil. Au bout du village la jungle  dresse de chaque coté du fleuve un mur végétal difficilement franchissable. Lors de notre passage, la barque a dérangé un crocodile qui s’est jeté dans l’eau brunâtre et disparu aussitôt.

Si vous passez au pays à la théière n’oubliez pas le village gaulois de  Bandar Seri Begawan la capitale.  

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Je dois le déranger, le matou.           Comme le crocodile vu aux portes de la ville. 

 

 

Brunei

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