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Rester une semaine entière dans une « sous préfecture » du Sarawak, avec rien à y voir et rien à y faire !

Pourquoi ?

Ce n’est pas cher, 8€ le couchage et 2 € par repas, le budget s’en portera mieux. Et pendant le nouvel an chinois beaucoup de boutiques sont fermées, pas moyen de dépenser son argent. Je sais que la prochaine étape, Brunei,  sera plus couteuse, alors mon porte monnaie m’a conseillé d’attendre ici mon rendez-vous à Kuala Lumpur dans une semaine.

 

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Voilà  la raison de mon séjour à Miri, les petits prix. Les voyageurs ne s’y arrêtent rarement plus d’une nuit, ils attendent le bus vers le Brunei ou Kuching, cela dépend du sens de chaque parcours. Je l’ai fais dans ce sens à cause des vols low coast. Depuis Singapore c’était la solution la plus économique, arrivée à Kuching repartir depuis Brunei. Je ne suis pas radin, j’ai simplement peu de moyen, c’est précisé. Kuching Miri prend 18 heures  dans un bus confortable sur une route cabossée et en travaux.  C’est pénible, on est secoué mais on voit du pays, des immenses plantations de palmier Nutella, et quelques petites cultures de poivre.  Ce poser ainsi quelque part presque au hasard n’est pas une si mauvaise affaire, une croix marquée sur la carte comme je le décris quelques fois. C’est certain qu’il existe des coins plus photogéniques à afficher sur sa page facebook. As t’on déjà vu une photo de Vesoul ou Vierzon sur le mur d’un touriste brésilien  ou californien ? Peut-être un belge à cause de la chanson.

 

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  Les gens sont dans les bistrots                         Nouvel an chinois

Alors moi, je veux bien montrer les Vesoul du monde entier. Et j’y trouve mon plaisir à vivre parmi ces gens toute une semaine, tous les habitants des Vesoul du monde se ressemblent un peu. A Miri, les routards à la recherche de sensations s’enfoncent dans la jungle de Bornéo au parc Gunung Mulu avec tout un attirail de survie. Ils espèrent surtout poster sur les réseaux sociaux la photo qui les catégoriseront d’aventurier  aux collègues restés dans une tour quelconque d’un centre d’affaire identique dans  toutes les city de la planète, de New York à La Défense.  Gunung Mulu, un beau nom, est accessible en quelques minutes d’avion ou trois jours de pirogues sans couchage. Je n’ai rencontré personne qui ait choisi la version fluviale.

 

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Sept jours dans une ville sans rien à voir et à faire je mérite peut-être mon diplôme de survie. Une semaine à meubler finalement ce n’est pas difficile. Prendre contact avec la population, cela tombe bien les gens fréquentent les cafés et bistrots. Pas difficile, chaque matin vers 10 h je me rends dans la rue des séniors. On se croirait à la cafet’ d’un super marché de province, les séniors tuent le temps en se racontant le passé ou jouant aux dames. Du moins j’imagine car je ne comprends rien à leurs discussions bien animées. Le premier jour ils me demandent ma nationalité, le deuxième jour mon âge et ce que je fais là, le troisième ils me serrent la main, la semaine prochaine ils m’auront oublié. Les meilleures rencontres sont éphémères.

 

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On ne peut pas dire que Miri possède une architecture remarquable. Elle est nulle, mais je l’aime bien car on peut y lire dans sa banalité le développement d’une ville d’un pays anciennement classés dans le tiers monde, une expression aujourd’hui inutilisée.  La plupart des édifices datent des années 60 ou 70 avec un design qui peut-être se voulait  moderne à l’époque. Beaucoup ont mal vieillit, certains se portent encore bien. La nature a horreur du vide, une parcelle laissée à l’abandon et c’est la jungle qui s’installe en centre ville. Comme partout au monde, les bidonvilles ne sont jamais très loin des hôtels standing. Le Pullman offre à ses clients une vue sur la mer ou sur le bidonville au bord de la rivière. On connait c’est partout la même chose, les baraques rafistolées se soutiennent entre elles, des chemins en bois de récupération font office de trottoir, gare à la planche manquante ou pourrie sinon c’est le plongeon au milieu des déchets qui s’entassent flottent sur la rivière.

 

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C’est la misère mais pas comme je l’ai croisé trop souvent, je ne ressens aucune violence,  j’échange des hello souriants avec ces gens. Devrais-je penser au 50€ mensuel que me coûte la CSG ?  Un peu plus en aval c’est le domaine des pêcheurs. Ils  déchargent le poisson et remplissent la cale de glace compilée. Un chantier naval répare ces vieux rafiots au bord d’un cimetière. Ce qui m’étonne est la quantité des grands hôtels dans cette ville. Certes elle fût la première à exploiter le pétrole de Bornéo, en 1910 Shell, il ne reste pas grand-chose de cette époque, le premier derrick, old lady. Plusieurs grosses sociétés d’huile de palme ont leurs sièges à Miri, ceci explique peut-être la présence de ces hôtels.

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Remplissage de glace                         Old Lady le premier forage Shell à Bornéo

 

Un autre français, Valentin, s’est arrêté ici quelques jours, il envisage plusieurs années de voyage et donc il fait très attention à son budget. C’est une façon d’apprendre la vie. Le soir nous dinons avec un couple de compatriote de retour d’Australie.  Ces jeunes gens échangent, je les écoute.

«« dans les mines du nord de l’Australie, tu peux gagner 4000 US par semaine ! » Valentin retient l’info, si jamais il passe par là.  

 

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Attention aux chevilles                              Non ce n'est pas Etretat

 

UBER et GRAB son équivalent local remplacent les transports en commun peu nombreux en ville. Cela signifie que presque tout le monde a l’application sur son portable, pas moi, Valentin si. Nous partageons les frais de route jusqu’au parc Bukit Lambir. Ce n’est peut-être pas la grande aventure, quelques petites chutes d’eaux rafraichissantes sympathiques mais des montées moins drôles ou mes chevilles se tortillent entre les racines glissantes. Je jour suivant on échange la jungle pour de la plage, nous partons à Etretat, c’est comme ceci que j’ai surnommé Tusan Beach et ses falaises sculptées  par l’océan indien. Et voilà la semaine est finie en route vers le Brunei, attention au budget.  

 

Miri Sarawak Malaisie

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