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En voyage il faut consulter les cartes et tracer sa route. Je suis à Davenport, je dois me rendre à New York, 1400 km en une seule une étape c’est trop long, je vais en faire deux. Sur le plan j’avais le choix entre Cleveland, Pittsburg ou Indianapolis. J’ai retenu la troisième ville pour ces 500 miles. Une des plus ancienne et prestigieuse course automobile du monde, je continue dans la bagnole. Je n’aurais jamais pensé qu’un jour je me retrouverais à la gare routière d’Indianapolis quand gamin je feuilletais des magazines de sport auto. Indianapolis je ne savais pas ou c’était, si en Amérique, c’était loin et pas pour moi. Et puis ce n’était pas facile de localiser une ville avant internet. Nous n’avions pas une carte de l’Amérique à la maison. Et le dictionnaire on ne le sortait pas assez souvent. Un atlas, mais pourquoi faire ?

Tous les débuts de mois j’attendais au courrier la revue « l’automobile ». Trois grandes compétitions automobiles très différentes surpassent les autres, Monaco, Le Mans et les 500 miles. Un seul pilote remporta les trois : Graham Hill , 66 à Indy, 72 au Mans sur une Matra Simca avec Pesca’, et Monaco en 63, 68 et 69. On appelle ceci la triple couronne, il est le seul à l’avoir porté.


Le tracé du circuit d’indy est on ne peut pas plus simple, deux grandes lignes droites reliées entre elles par deux virages successifs de 45° chacun et inclinés à 9°, on ne peut pas plus dangereux. Pourquoi ? Pied au plancher dans les lignes droites le compteur affiche 370 km/h, quelques secondes seulement puis il faut écraser les freins et trouver la meilleure trajectoire dans les courbes, ça passe ou non. Pendant 200 tours en 3 heures les 33 bolides sur la piste vont jouer à touche-touche à 300 km/h. Il faut des nerfs solides et des mécaniques robustes. Comme le rodéo ou le foot US, c’est brutal, c’est américain. Les accidents sont attendus par le public, il faut servir aux peuples du bon spectacle, les romains l’avait déjà compris avec les courses de char et les gladiateurs. Ces cambriolages à hautes vitesses ont obligés les constructeurs à améliorer la sécurité des bolides et protéger leurs pilotes. Le dernier accident mortel remonte à 1996, cela ne fait les affaires des pompes funéraires Conkle installés à proximité du circuit. Je souris en me remémorant le dernier film que j’ai vu dans les salles françaises : Grand Froid, un croque mort au bord de la faillite.

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J’ai demandé au chauffeur du bus de m’indiquer l’arrêt Speedway, ce qu’il a fait à plus d’1 km du circuit alors qu’il venait de passer juste devant. J’ai compris plus tard que l’arrêt speedway est la rue principale d’un bourg qui porte le nom du circuit. J’aurais dû préciser « Musée des 500 miles » j’ai retenu la leçon. Le circuit a donné son nom au village. En 1909, G. Fisher et Allison aménage une piste pour faire des courses automobile. Ils l’appellent Speedway, certains prétendent qu’il s’agit du premier circuit. Laissons leur cette affirmation, même si peut-être qu’ailleurs des fous du volant s’étaient déjà amusés à comparer les performances de leur engin sur des chemins de terre. En 1912, ils aménagent un quartier résidentiel autour du circuit en le pensant pour l’automobile, déjà.


Le musée n’est pas grand, une centaines de voiture y sont exposées. La Marmon numéro 32 franchit la première ligne d’arrivée des 500 miles en 1911 avec une moyenne de 120 km/H. Pas mal du tout sachant que cette année la moyenne est de 250 km/h. Seulement trois pilotes français se distinguèrent ici. Jules Goux sur une Peugeot en 1913, nous avons perdu la trace de cette voiture, un modèle similaire existerait en Californie chez un collectionneur privé. En 1914 René Thomas passe sous le drapeau à damier avec sa Delage exposée ici et Gaston Chevrolet en 1920 au volant d’une Frontenac. Aujourd’hui les seules voitures Française que l’on voit à Indy sont d’un tout autre genre et ne se risqueront pas sur l’anneau légendaire. Bolloré a réussit l’exploit d’installer à Indianapolis ces autos électriques, ce sont Les Blueindy. Avec un peu de bidouillage elles peuvent foncer à 150 km/h ! Elles auraient une petite chance de victoire contre la Marmon de 1911. Cela dépendra des ravitaillements et arrêts mécaniques.

 

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On peut également marquer une étape à Indy et ignorer l’histoire automobile au profit de la découverte d’une ville américaine avec son mélange d’architecture moderne-ancien si l’on considère le début du XXème comme ancien. A l’intersection des rues fréquentées du centre ville, artsgarden un espace suspendu en verre au dessus des chaussées relie entre eux les bâtiments. Les piétons traversent le carrefour sans sortir à l’extérieur et s’exposer aux intempéries. L’hiver est rude en Indiana. C’est un ensemble réussi aussi bien vu de l’intérieur que de l’extérieur. Au véritable centre ville, la colonne des héros relate les guerres qu’a dut mener l’Amérique à ses débuts sur son territoire, c’est important de le préciser. Y figure aussi celle qu’ils nomment grande rébellion ou guerre de l’union, appelée en France de sécession, 1861 à 65.

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Chemin de fer et voyageurs sont inséparables, les hôtels de la gare ou terminus machin attendent touristes et hommes d’affaires à la descente du train. Alors quelle bonne idée cette reconversion de l’ancienne gare ferroviaire en hôtel. Le brouhaha de la gare semble étouffé par le décor et son mobilier. On n’est plus dans une gare et pas vraiment dans un hôtel, mais on est bien en voyage. Au deuxième étage deux trains sont aménagés en chambres. C’est bien mieux que ces longs couloirs des grands hôtels ou les portes se font face en enfilage interminable avant d’arriver à la sienne.
La première grande route construite par la nouvelle nation passait traversait la ville, elle partait de Cumberland pour rejoindre Terre Haute. Cela méritait un monument ? Il est devant la mairie. Avec tout ceci si vraiment vous n’aimez pas Indianapolis, vous avez un dernier recours pour tuer l’ennuie : le restaurant Dick’s last resort, entre la colonne des héros et l’artgarden, facile à trouver.

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