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Des champs, des champs encore des champs, comme si je traversais la Meuse pendant 4 heures mais là c’est Illinois. Un état qui aime à rappeler que le grand Lincoln en fût quatre fois sénateur avant d’accéder à la présidence. La Meuse aussi a eu son président de la république. Dans toute cette agriculture j’ai reconnu du maïs et peut-être des épinards, sans certitude car vraiment la campagne et moi ! Le bus s’engage sur le pont du Mississipi, nous arrivons à Davenport Iowa. Bien qu’il ne soit pas au milieu du pays le Mississipi coupe en deux les USA, il détermine ce qui est à l’est et à l’ouest. Ce fleuve a fait l’Amérique, et ceci un peu à cause de Bonaparte.

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Il est 20h00, dans une heure trente il fera nuit, je souhaite être installé à mon adresse airbnb avant. J’ai mesuré sur la carte elle est à 5000 pied, google m’indique des pieds, c’est la géo-localisation. C’est équivalent à la distance gare de l’est centre Pompidou. Avec mes bagages c’est faisable mais s’il y a un taxi je le prends, je suis fatigué. Je le craignais, pas de taxi à la sortie. A Verdun si aucun taxi n’est à la sortie de la gare le patron du bistrot Terminus en appellera un. Pas ici, personne, à part quelques sans abri qui cherchent un refuge. Gare de l’est centre Pompidou, ça descend, Google ne montrait pas la pente impressionnante d’Harrison Street qui se présente à moi. La rampe de la rue Lepic mais en ligne droite, elle en parait encore plus longue. Je dois remonter jusqu’à la 14eme rue.
Mon séjour dans Iowa commence mal.
Au premier feu rouge, je tente le coup et demande à un chauffeur si je suis sur la bonne direction.
« C’est en haut de la colline, montez ». Il me dépose devant le 1420. Merci Charlie.
Première question le lendemain matin, ou prendre mon petit déjeuner ? Il y a pas grand-chose dans les parages, hier soir j’ai repéré une épicerie un plus bas. A gauche je remarque deux personnes sortir de voiture qui pénètrent aussitôt dans ce qui pourrait être un restaurant. J’y vais. Café Mary, Open allumé, je traverse la rue et franchit à mon tour la porte, les couleurs américaines sont partout, et pas un seul drapeau bleu, blanc, rouge, celui de l’Iowa qui a voulu garder les couleurs de la Louisiane Française. Plusieurs tables sont occupées par des habitués. Je passe commande, quelques minutes après et la patronne me pose sous le nez mon pancake et un américan café, un jus de chaussette en France, cela me convient parfaitement.

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Je suis venu dans Iowa à cause d’une émission TV réalité, oui je regarde ces trucs et je ne me cache pas. J’ai découvert l’émission Américan Pickers sur la chaine History channel pendant mes précédents séjours. Maintenant elle est programmée sur une chaine française du groupe BFM. Deux brocanteurs qui aiment les bagnoles et les bécanes chinent sur les routes d’Amérique et ramènent leurs trouvailles en magasin. Je m’étais dit que si un jour je passais par Iowa j’irai fouiner leur tanière.
Deux jours plus tard, ma logeuse me dépose à Le Claire devant la Nash 1949 qui sert de générique à l’émission. Ce n’est pas un modèle courant, je n’ai vu que celle-ci. Le Claire a fait de son histoire une attraction touristique. Georges Davenport, un anglais et Antoine Le Claire de descendance Française, possédaient des terrains dans le coin, avec un groupe d’investisseurs ils bâtirent Davenport, Le Claire et Rock Island, vers 1836. Antoine était arrivé avec l’armée américaine comme interprète, il parlait espagnol, français et plusieurs dialectes indiens. C’est Antoine qui contribua le plus au développement des trois cités. Considéré comme demi-race, par sa mère qui était indienne, et surtout de religion catholique son nom ne fût attribué qu’à la petite ville.

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Il y a quand même un mur qui raconte tout ça au musée Buffalo Bill. Car si la plupart des gens s’arrêtent ici pour Américan Pickers ils découvrent ensuite que William Frederick Cody, dit Buffalo Bill a poussé son premier cri dans la ferme de ses parents à Le Claire en 1846. Bon, passons sur ce cow-boy, certes il contribua à l’image des US, mais ce n’est pas trop mon genre. Pauvre bisons. La navigation sur le fleuve m’intéresse davantage, les rapides dans le passage Le Claire, Rock Island, Davenport était dangereux. Il a fallu beaucoup d’aménagement pour le rendre praticable. Aujourd’hui, des immenses barges transportent des tonnes de marchandises en toute sécurité.
Après Buffalo je retourne fouiner dans les ferrailles Américan Pickers. Transporter dans ma valise un morceau d’Indian ou un moteur Harley Davidson ne sera pas possible. Je me rabats sur l’achat d’une ancienne photo de moto.

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Je reste quelques jours à Davenport, avec une visite à Moline sur l’autre rive pour voir des tracteurs John Deere dans un grand hall d’exposition. S’il y a des champs, il faut des tracteurs pour tirer la charrue. John Deere quitta le Vermont pour s’installer à Grand Détour dans Iowa, en 1804. C’était un forgeron qui fabriquait des charrues. En 1878 il reçu un trophée lors de l’exposition universelle de Paris en remportant un concours de charrue. Ce n’est pas de la grande culture l’histoire de la charrue, je trouve cela mérite d’être signalé vous ne pensez pas ? En 1848 il s’installe à Moline, en 1918 il rachète la fabrique de tracteur Waterloo, dans l’Iowa, faut préciser. Le matériel agricole jaune et vert est aujourd’hui dans tous les champs du monde et même sur le green des golfeurs.
Pour descendre en ville et y remonter le soir je laisse de coté Harrison Street trop droite, trop large, trop américaine. Je préfère slalomer dans le district de Hambourg avec ses anciennes demeures de la colonie germanique. Dimanche j’y ai même croisé un groupe de touriste accompagné d’un guide. Il parait que le quartier est hanté.
Finalement ce séjour commença mal mais se déroula très bien.

 

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