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Cracovie, un dragon, une princesse, un pape

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Cracovie, capitale de la petite Pologne et deuxième ville de toute la Pologne, surtout connue grâce au pape jean Paul II nait ici. Je n’ai même pensé à repérer sa maison familiale pour vous en montrer une image. Il est tellement partout que j’en ai oublié le principal. C’est un pays très religieux, les catholiques pratiquent leur foi, les églises ne sont jamais vides. Dans les rues j’ai croisé beaucoup de soutane et de religieuses en habits. Mais je vous le dis tout de suite je ne me suis pas arrêté à Cracovie pour ceci. Je savais que sa vieille ville méritait le détour. J’ai préféré y passer plus de temps plutôt qu’à la capitale ou je ne suis resté qu’une journée à me promener sur les remparts de Varsovie comme madame dans la chanson de Brel.

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Les remparts de Varsovie

C’est en train que j’ai relié Varso à Craco, toujours le même paysage depuis mon départ de Paris il a maintenant presque deux mois : de la plaine. L’Europe ne serait qu’une vaste étendue offerte aux cavaliers barbares pillant les villages ? Je comprends mieux maintenant les invasions de toute part en tout temps que l’on nous rabâche à l’école.

A la descente du train un fléchage vers la vieille guide le visiteur, c’est un parcours IKEA qui oblige à traverser le Krakowska Galeria collé à la gare, le grand centre commercial de la ville. Au final ce fléchage vous abandonne dans un parc à un arrêt bus.  

 

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J’ai de la veine le soleil est revenue le deuxième jour.  Une vieille ville en générale est entourée de remparts. Ici ils ont disparu en grande partie, il reste une porte d’entrée toute seule au bout d’une rue. Comme en bas de mon faubourg Parisien avec sa porte St Denis. A Cracovie la porte est doublé d’un petit fort accompagné de son pont levis. Les spécialistes des fortifications du moyen âge auront reconnu un ouvrage qui s’appelle une barbacane, elle date du 15eme et complétait la défense de la porte Florian encore debout aujourd’hui. La seule rescapée des huit qui protégeaient l’intérieur des murs de Cracovie. Je vous le disais plus haut en Europe il y a toujours eu de la baston, fallait prévoir. Le château de Wawel lui a encore toutes ses fortifications sur son rocher ou bute la rivière Vistule avant de contourner la vieille ville.  Au pied du château, dressé sur ses pattes arrière le fameux dragon tente d’effrayer les touristes avec son haleine inflammable en griffant le ciel de ses griffes.

 

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Vous attendez la légende ? La voici.

Ce dinosaure de dessins animés vivait dans une tanière du rocher. Gourmand il dévorait les jeunes filles offertes en sacrifice. Souvent dans les scénarios de dragons les vierges sont les premières sélectionnées au casting. Lorsqu’il ne resta plus que la fille du roi il promit de l’offrir en mariage à celui qui anéantirait le dragon. Plusieurs vaillants chevaliers relevèrent le défi pour finirent dans le ventre de la bête. Un jeune cordonnier compris qu’un dragon énervé sera toujours plus fort qu’un homme bien entrainé. Il remplit de souffre la panse d’un agneau et déposa son appât devant l’antre du monstre. Le dragon se jeta sur son nouveau menu et avala le poison, il en avait marre de bouffer de l’humain et voulait changer de plat. Le souffre lui causa des brulures d’estomac et il but tellement d’eau pour calmer ses entrailles qu’il en explosa.  Je vous avais prévenu c’est une histoire sans suspens à dormir debout.

 

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Sur l’incontournable place du marché les restaurants et boutiques à touriste ceinture le périmètre sans défigurer le site. Les façades ont de l’allure, elles forment un carré entourant un grand rectangle : l’ancienne hall aux draps. Face à lui l’église sainte Marie, un peu de biais, est étonnante par ses proportions, étroite et haute. Elle dresse son clocher depuis le 14eme. J’ai pris un tram jusqu’au bout de la ville pour voir une autre église du 15eme siècle, saint Barthélémy, construite en bois sombre dans un pré tout vert à cette saison. Cela a de l’effet. C’était dimanche le jour de la messe. Trop petite pour accueillir ses fidèles la cérémonie se déroula à l’extérieur. Au retour, malgré le gavage de Moscou et St Pétersbourg j’ai voulu regoûter à du soviet. Je me suis arrêté dans le quartier Nowa Huta, traduction de nouvelle fonderie. Staline a fait construire une usine avec des logements prolétaires proches de la ville bourgeoise de Cracovie considérée conservatrice. Pur style soviet, je suis vacciné. Je n’ai même pas été salué Lénine car je l’avais croisé la vieille au musée de l’aviation ou sont alignés dans un champ des vieux aéronefs aux ailes fatiguées.

 

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Il est mieux là !                                               La messe du dimanche

Me voici enfin arrivé au vrai prétexte de ce passage à Cracovie qui n’était pas Jean Paul II mais la mine de sel de Wieliczka. Toujours dans le même trip après les usines soviétiques la mine de sel en Pologne. Sa légende est encore plus invraisemblable que celle du méchant dragon. Là c’est une gentille princesse, Kinga, la  fille d’un droit hongrois.  Elle jeta sa bague de fiançailles offerte par le prince polonais Bolesta dans une mine de sel que venait de lui donner son père. Elle avait une idée derrière la tête qui explique son geste insensé.

Plus tard installé en Pologne une intuition la poussa à faire creuser un puits et vous ne le croirez pas ! un homme déterra un gros caillou de sel dans lequel se trouvait la bague. Miracle, elle avait réussi sa ruse, ouvrir une mine de sel pour la prospérité de Cracovie. Dans une région si catholique cela suffit pour qu’elle soit devienne Sainte Kinga, béatifiée en 1690 et promut patronne des mineurs. Je connaissais sainte Barbe pas cette Kinga.

La visite guidée est obligatoire, des fois que quelqu’un se perde dans les 300 km de galerie à 130 m sous terre. L’ambiance mine de fond a peu disparu, il y manque les bruits, les odeurs. Depuis des décennies ce ne sont que des touristes qui descendent alors forcément la patine s’est un peu ternie. Le plus spectaculaire est cette chapelle dédiée à Sainte Kinga, 30 années de travail par les mineurs eux-mêmes, hors salaire. Cela méritait bien un classement à l’Unesco et surtout le respect de tous les gars qui ont tapé du pic sous terre.

 

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 La rusée KInga retrouve sa bague         Nowa Huta, pur style Staline

Pologne Cracovie

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Biélorussie, de Brest à la Bérézina

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Le train reliant Moscou à Brest, la limite du territoire sous influence Moscovite, s’arrête à Minsk. Alors je suis monté dans dedans. Pour deux raisons, premièrement la gare de Brest semble jolie sur les photos et deuxièmement je n’allais pas rester trois semaines à Minsk n’ayant plus d’usine à explorer. Est-il nécessaire de préciser que la fin du monde soviet ne vas pas jusqu’au Finistère, il s’agit de Brest la ville frontière de la république de Bélarus avec la Pologne en zone Schengen européenne. On pense que ce furent des slaves qui les premiers plantèrent leurs maisons en bois au bord du Boug et du Moukhavets deux rivières qui mélangent leurs eaux ici. Un emplacement convoité par les polonais, les germains, les lituaniens et même ceux que l’on nommait les russes de Kiev aujourd’hui Ukrainiens. C’est dire qu’il y eu de la bagarre au fil des siècles. Notamment durant la dernière guerre. Son symbole est la forteresse de Brest. Aujourd’hui elle ne fortifie plus que le sentiment nationaliste. L’histoire est souvent cocasse, ce n’est ni la première fois et sans doute pas la dernière ou nous assistons à des revirements politiques importants.

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La gare de Brest

En 1939 Brest est polonais lorsqu’en l’Allemagne déclenche son offensive. La pauvre armée polonaise fait ce qu’elle peut. Mal équipée avec quelle chars Renault FT de 1918, contre un ennemi bien mieux mécanisé qui remportera cette bataille en quelques jours.  Les allemands livrent la forteresse en paquet cadeaux à leur allié russe selon le pacte signé par Adolf et Joseph. Des personnes peu scrupuleuses et c’est un maigre adjectif.

Le pacte brisé en juin 1941 Hitler décide de reprendre sa forteresse. Il pense que cela sera une affaire de quelques heures. Le feu commença 22 juin et ne s’arrêtera que le 29, la défense « héroïque » de la forteresse fût vaine. Je mets ces guillemets car ceux qu’aujourd’hui les nations glorifient d’héros n’étaient souvent que des pauvres types qui n’avaient pas d’autres issue que de tomber aux champs d’honneur.

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Jardin intérieur                                                   Forteresse

J’ai passé un après-midi dans la forteresse. Les russes savent très bien faire des monuments qui posent l’histoire. Il faut passer sous l’étoile creuse en béton avant d’arriver au bout d’une longue ligne droite où pendant le parcours des chants patriotique à voix basse mettent l’ambiance. Au bout du chemin on bute sur ce bloc de béton carré d’on émane une tête d’homme menton posé sur la pierre, regard vers le sol. Juste un visage, le corps ne fait qu’un avec la pierre pour l’éternité peut-être pas mais pour longtemps surement. Cette pesanteur est encore alourdie par la présence de jeunes soldats, deux garçons et deux filles aux quatre coins d’une flamme genre soldat inconnu.

Je ne m’éternise pas.

Un petit passage au musée des trains anciens rentre plus dans mes envies. Je préfère les locomotives aux tanks. Le reste de la ville est du standard régional, tracé à l’équerre. Une avenue principale animée le soir, quelques statues de bronze décoratives au milieu des allées plantées d’arbres égayent un peu le quadrillage. En me faufilant dans les cours j’ai pu espionner le quotidien des familles. Etonnant ce changement d’atmosphère de la rue à la cour, des jardins en pleine ville ou poussent des légumes. Chaque cour possède ces celliers de stockages pour les victuailles en préparatif de l’hiver.

 

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   Je préfére aux tanks.                                                                    Grodno

Grodno  l’étape suivante me fût recommandée par une dame à qui je demandais mon chemin à Minsk. Contente de discuter avec un étranger, elle me vanta sa ville d’origine bien plus typique avec sa petite église en pierre du XI siècle, l’église Kaloskaya.

Je m’y suis arrêté. C’est une ville plus catholique qu’orthodoxe, les messes sont dites en polonais. On y trouve aussi une synagogue et toujours Lénine debout devant un bâtiment qui de date pas des rois de Pologne qui habitaient en été un château dominant le fleuve Niémen. Celui que Napoléon franchit sur sa route vers Moscou. Il aurait dû y réfléchir à deux fois avant. Le théâtre marque nettement sa différence architecturale.  

Grodno me laissera le souvenir du centre d’immigration ou j’ai tenté de m’inscrire pour ne pas dépasser le délai de 5 jours. J’ai rapidement abandonné ma régularisation. Personne ne pratiquant une autre langue que le russe. Quelque fois je pense sincèrement qu’après tout ce n’est si mal que des pays résistent à l’anglais.

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Il me restait encore du temps, alors pourquoi ne pas retourner à Borisov, 80 km de Minsk. Au bord d’une petite rivière au nom très connue en France, même si certain ne savent pas qu’il s’agit d’un cours d’eau et encore moins le tracer sur la carte : La Bérézina. Elle serpente doucement dans les plaines de Biélorussie en cherchant son chemin entre les forêts. Elle ne serait jamais rentrée dans l’histoire européenne si elle ne barrait pas la route à la grande armée pendant sa retraite de Russie. Napoléon hésita à prendre ce passage et réfléchit à un crochet plus au sud, puis il se dit que prise par les glaces la Bérézina serait praticable. On connait le déroulement, le commencement de la fin pour l’empereur. Pour les français la Bérézina est une sévère raclée, une défaite, les russes la considèrent comme une victoire de Napoléon car il réussit à passer là ou normalement il n’aurait pu le faire.

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Ce serail l'endroit exact ou passa Napoléon

 

Tchitchagov, le commandant en chef russe à Borisov, très francophile, porte la responsabilité de la fuite de l’empereur.

«Pierre Wittgenstein a sauvé Saint-Pétersbourg, mon mari, la Russie et Tchitchagov Napoléon !» se serait exprimé l’épouse de Koutousov.

Ce misérable mourra en exil à Paris. Misérable est l’adjectif que lui ont rajouté les russes chaque fois qu’il le cite. Je repense à tout ceci en traversant cette rivière à Borisov en rejoignant le parking. Je préfère les petites anecdotes à la grande histoire.

J’ai refait le tour des monuments français et revisiter le minuscule musée. La conservatrice du musée se souvient de l’anecdote de 2012 lorsqu’elle se prit à partie avec un monsieur «je sais tout » lors du bicentenaire. Nous avons ri ensemble lorsque j’imitais l’utilisation d’un détecteur de métaux à la recherche de reliques. Ce n’est pas autorisé me dit-elle.

Les paysans du coin ramassent encore des objets en binant les patates. Ils m’ont montré des boites pleines de balles de fusil, de boucles de ceinture, de fers à cheval, tout ce que l’on trouve habituellement. Un contact à Minsk lui m’a exhibé des pièces de monnaie française, en argent et une en or.

Lui ne binait ses patates. 

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On y trouve aussi beaucoup de champignons. 

 

 

Biélorussie

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Minsk, c'est beau une usine

 

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« Nous venons d’atterrir à Minsk……….» l’hôtesse.

Le Sukhoi roule sur la piste et débarque ses passagers dans le hall national, je récupère mon bagage et je rentre en république du Bélarus sans contrôle douanier donc sans le tampon d’entrée.  

Inquiétant ? Un peu.

Je n’ai pas compris les recommandations sur le site de l’ambassade Bélarus. Les conditions d’entrée ont été modifiées, la frontière avec la Russie est fermée pour les étrangers. En réalité cette frontière est transformée en mini Schengen réservée aux citoyens russes et bélarusse. Les autres doivent passer par un autre pays. Chaque règle a ses exceptions, un français peut arriver en avion depuis Moscou s’il est détendeur d’un visa ; il devra alors se faire enregistrer au service immigration. C’est mon cas, par acquis de conscience je demande à un policier en uniforme s’il existe un bureau d’immigration dans cette partie de l’aéroport. Je lui tends mon passeport, lui explique que je viens d’arriver de Moscou sans tampon.
« You, illégal »

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Et alors ?

Dois-je tendre les mains pour les menottes. Nous n’étions que deux étrangers dans ce vol, un français et un chinois qui comme moi se pose la question de sa légalité. Il nous explique, en un anglais très approximatif que nous devons nous rendre au deuxième étage au bureau de police.

J’ai des papiers, je suis blanc, deux cartes visas sur moi, un billet pour sortir du pays, une assurance internationale et me voilà «clandestino», comme la chanson de Manu Chao que j’ai souvent fredonné dans mes ballades sud-américaines.

Cela fait réfléchir.

Avec mon compagnon d’infortune nous nous retrouvons dans le bureau d’une policière blonde, pistolet à la ceinture, queue de cheval à travers la casquette, on se croirait à une émission de téléréalité. Elle cherche mon visa dans le passeport et tombe sur celui de 2012, me montre la date. Je suis arrivé 200 ans en retard à la retraite de Russie, au bicentenaire. Je n’ose pas la blague « Napoléon n’avait pas de visa ». Elle découvre le dernier visa et ausculte à la loupe les laisser-passer russe et bélarusse. Elle me rassure, je suis en règle et m’enregistrer tous les 5 jours dans les hôtels de passage.

 

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L'art soviet c'est du lourd

Géographiquement en Europe cette ancienne république CCCP regarde vers Moscou et tourne le dos à Bruxelles. Lénine a encore sa place ici, on le croise souvent.

Mis à part le quartier Trinity Hill, un petit village de maisons au gazon bien entretenu au milieu de Minsk, dans cette ville austère les avenues réunissent entre elles de vastes places carrés bordés de bâtiments à géométrie symétrique et rectiligne.

Leurs concepteurs ne les dessinèrent qu’avec des règles et équerres, il ne devait pas connaitre le compas.

L’art soviet habille la ville, il rappelle le passé et les relations amicales avec le kremlin. Cet art utilisa la faucille et le marteau comme outil de propagande pour hisser aux firmaments les ouvriers et paysans. Les images pieuses du communisme n’ont pas chassé celle des curés, il a beaucoup d’églises. Le travail pour la glorieuse patrie en est un thème majeur du communisme. Ces représentations naïves du même cru que l’art populaire m’amuse, c’est du lourd.

 

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Les usines, temples du prolétariat font la renommée des villes. A Minsk j’en connais deux les motos et les tracteurs. La première continue à fabriquer des motos avec un moteur chinois. Seule une petite partie des anciens bâtiments est encore en activité derrière un mur de plus d’un kilomètre de long. On voit le déclin dans la rue ou je n’ai vu qu’une seule Minsk alors des dizaines d’Harley-Davidson construite au Wisconsin défilent sur les avenues en faisant plus de bruit qu’un char russe.

La silhouette de la «zavod» Bélarus ( zavod = usine en russe) reprend la perspective des bâtiments de la porte de Minsk face à la gare de chemin de fer. Cette marque prétend produire 1/10 des tracteurs qui labourent la planète, cela me parait beaucoup on en voit peu dans les champs de Meuse au Wisconsin. Ah ! Les pays amis du régime qui les utilisent, Viêt-Nam, Cambodge, Nicaragua et tous les anciens CCCP.

Mais qui s’intéresse à la production mondiale de tracteurs lorsqu’il part en voyage ? C’est une belle usine avec son entrée bordée de deux tours de guets surmontées de petite tourelle qui ne sont pas des miradors, on n’est pas en prison à l’usine.  

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Environ 17 000 employés passent ici tous les matins et les soirs. Je me suis fait remarquer par un jeune homme à l’allure d’un cadre. Il me questionne sur ma curiosité pour finalement me fait entrer pour je puisse photographier la gamme de tracteur exhibée dans la cour sous l’œil amusé des agents de sécurité. 

 C’est une autre curiosité dans une autre usine qui m’a attiré à Oktjabrskaja street, le correcteur d’orthographe va buger avec ce mot imprononçable par un frantsuzskiy. Pour interroger les passants sur mon chemin je l’ai fait écrire en russe sur mon carnet de route.  Un mur de l’usine Mzor dévoile une fresque de 3456m2 réalisé par le brésilien Ramon Martins en 2017.  Y figure des animaux en voie de disparition, je ne comprends pas pourquoi ce coq ? Un gallinacé très rare sans doute vu sa couleur.

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C’est un quartier en reconversion modèle bobo, la jeunesse qui n’a pas connu l’époque d’avant reconstruisent leur nouveau monde dans des anciens ateliers.

 Je reste dans l’art et les usines et ce ne sera pas du street-art cette désignation n’existait pas alors. Frédéric, un français qui dormait à la même auberge que moi m’époustoufla lorsque qu’il me montra son trophée de chasse. Il traque l’art soviétique en Europe et particulièrement les grandes mosaïques murales. Au passage, c’est surtout pour rencontrer des types comme lui, et Laurent l’autre parisien, que je ne vais pas m’enfermer tout seul dans un airbnb. Fréderic m’exhibe un portrait de Lénine que je pourrais mettre chez moi tellement il est différent du Lénine bolchévik. Il se cache dans une usine de textile enfouie entre des HLM. Vladimir, c’est son prénom, l’air coquin, la casquette de travers, le sourire d’après une bonne rasade de Volka salue de la main les prolétaires. Les matins après l’entrée et avant les vestiaires, le soir après les vestiaires et avant la sortie.

Les gardiens m’ont laissé passer dans la petite cour.

Ont-ils deviné que ce drôle de français fût aussi un ouvrier d’usine ?  

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Et dans la galerie flick : 

Minsk Biélorussie

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Moscou, the wind of change

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Je vous avais laissé avec Nathalie sur la place rouge,

c'est peut être sa petite fille ? 

 

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Quand on part en voyage il est préférable de laisser ses préjugés dans un tiroir. Il vaut mieux partir avec l’envie de découvrir plutôt que l’intention de vérifier si ses préjugés sont fondés, ou non. Et il faut mettre plus de réserves sur les destinations affublées d’une renommée mondiale. C’est le cas de Moscou, l’œil de Moscou, les chars de Moscou, qui a bien du mal à effacer cette réputation.

Cela fait une bonne semaine que j’use mes semelles sur ses trottoirs d’une station de métro à une autre. Je suis bien content le soir de m’affaler dans un canapé confortable. Les voyageurs disponibles, une fois que chacun en a terminé avec internet, font connaissance et échangent leurs expériences réciproques. Pour les cheveux gris Moscou est encore un peu le reflet de l’image du monde en deux idéologies.

Une dame canadienne trouve pesante l’atmosphère de la ville avec ses vastes étendues, elles se sent surveillée par toutes ces statues autoritaires. Pour ce californien, l’ouest commence à Berlin et se termine au « golden gate » de San Francisco, le reste est hostile. Faudrait qu’il passe à une version supérieure. Les jeunes découvrent le soviétisme dans les musées et y portent un autre regard.

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Eux, on est pas prêt de les oublier.  

Je modère mes paroles et tente d’éloigner la politique, pas facile nous sommes à Moscou, une ville qui pèse lourd dans l’histoire du siècle qui vient de s’achever.  Je le dis l’atmosphère de la ville m’a écrasé, surtout les premiers jours. J’en suis responsable car je l’ai cherché au début j’ai fait un parcours trop soviet.  L’architecture stalinienne avec les sept sœurs, ces bâtiments élevés par le maitre dans les années 50. Il les voulait impressionnants, ils sont écrasants. Une beauté curieuse qui les rend menaçant comme un piège si l’on les regarde trop longtemps.  Le ministère des affaires étrangère dresse ses pointes au-dessus d’un quartier coquet ou reste encore quelques belles demeures du 19eme siècle.

 

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 La maison sur le quai face au Kremlin, carrée comme une prison, fût conçue pour offrir du confort aux cadres méritants du parti. De beaux appartements, dommage que les murs avaient des oreilles, le tyran surveillait et avait prévu un escalier de service donnant accès à chaque logis depuis l’extérieur. Uniquement sa police avait la clé, si le maitre ordonnait l’effacement d’un occupant la milice débarquait et l’embarquait. Le personnage disparaissait à jamais des organigrammes et du reste. Alors naturellement toutes ces histoires alourdissent l’atmosphère. D’autant que cette ville manque d’excentricités, à part cette drôle de représentation de Pierre le grand en équilibre sur des bateaux. Un peu d’originalités dans les habitations de banlieue ne suffit pas, trop éparpillé. Je me suis promené dans ces zones sans me sentir mal, presque bien. En tout cas mieux qu’à Détroit ou le neuf trois.

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La banlieue, tranquille                                                    La terrible prison des cadres de Staline

J’ai évité les musées, rien que les portes d’entrées m’impressionnaient, et puis ils sont si grands, une autre fois. Sauf un, celui des cosmonautes. La Russie gagna la course à l’espace, Gagarine envoya des millions gamins dans les étoiles. La première femme dans l’espace Valentina Terechkova en 1963 est russe. Les chiennes Belka et Strelka en 1960 taxidermisées dans ce musée sont les premiers animaux qui revinrent vivants d’une orbite terrestre, elles n’étaient pas seules dans leur spoutnik 5, un lapin, des souris et des mouches, tous survécurent. Nous connaissons plus Laïka, sacrifiée en 1957, le scientifique qui l’envoya le regrettera toute sa vie. Les soviets ont un cœur. Les américains ont aussi sacrifié des animaux, on en parla moins.

 

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Plus loin dans un parc trop grand pour mes jambes les pavillons de l’exposition universelle de 1937 à Paris détachent leur silhouette dans un ciel nuageux offrant une belle lumière.  Je m’arrête uniquement à l’œuvre soviétique la plus connue : l’ouvrier et la kolkhozienne. Quel beau message envoyé par ce marteau brandi côte à côte avec la faucille légèrement plus haute malgré le bras plus bas de la jeune paysanne. Tout a été pensé. Ils regardent le ciel et avancent d’un pas volontaire : en marche pour le nouveau monde. On devrait la remettre au Trocadéro à Paris, le slogan a été repris.    

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Ma dernière visite sera la conclusion avec le monde soviétique, le parc des statues déchues. Comme dans la maison au bord du quai les maitres ont exilé les portraits de ceux tombés dans la disgrâce. Reconnaissant qu’il fallût en garder le côté artistique elles ont échappées à la destruction. Lénine et Marx en marbre foncé brillent sous les gouttelettes de pluie. Staline debout, le nez brisé, tourne le dos aux centaines de têtes coupées assemblées en mur. Je vais éviter une nomenclature complète car de toute façon je ne les connais pas tous.

 

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Je me ballade le long de la Mosca en direction du parc Gorki, comme les paroles de cette chanson qui arrive au bon moment.

I follow the Moskva
Down to Gorky Park
Listening to the wind of change
An August summer night

 

1989, Gorbatchev autorisa un concert de rock, musique jugée décadente, à la place rouge. Le groupe scorpions est sur scène. Lorsque le chanteur Klaus Meine voit les soldats de l’armée rouge jeter leur casquette il a senti le vent du changement. Quelques mois après il compose la chanson. Entre temps le mur est tombé et un an après lors d’un concert cette  chanson devient l’hymne de l’effondrement du block soviétique.

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Que reste-t-il presque 30 après, à Moscou il y plus de Mercedes que de Lada, voilà. La jeunesse imite à sa façon nos comportements. Ils transforment aussi les friches industrielles en quartier tendance réservés à leurs semblables, c’est-à-dire une population plus aisée qu’artiste. C’est pas mal, mais cela manque de désordre. Ordre et rigueur sont encore présent.
En discutant avec un jeune russe je lui fais comprendre que je remarque une certaine censure, on ne caricature pas le régime. Alors il me raconte une blague des années 80.

Un américain visite Moscou et dit « A New York je peux aller à Time square et gueuler Fuck Clinton ». Le russe lui répond eh bien ici c’est pareil je peux aller sur la place rouge et crier « fuck Clinton ». Tu changes juste les noms me dit-il, c’est pareil aujourd’hui.

 

 

 

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Moscou, la place rouge était vide...

 

 

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Terminus Moscou. Je suis content de revoir la place Komsomolskaya avec ses trois gares à l’architecture différentes représentante chacune sa région. Celle de Leningrad d’où je viens de descendre du train Sapsan, le TGV russe, parti ce matin de Saint-Pétersbourg, la gare de Vladivostok d’où je suis monté dans le transsibérien il y a presque 10 ans, et en face la gare de Kazan. Cela me fait encore plus plaisir en songeant que j’ai quitté Paris, il y a un mois, depuis la gare de l’Est qui est juste sous mes fenêtres. J’ai pris mon temps, il existe un train hebdomadaire Paris Est Moscou qui effectue le trajet en 38 h pour 380 € environ, c’est rond comme calcul. Il est midi, je vais profiter un peu de cette place en y déjeunant, face à la gare de Vladivostok le rêve de beaucoup de voyageur du rail. Ils sont nombreux chaque soir à monter dans un wagon vers la Sibérie, s’ils lisent Jules Verne ou Sojélistine ce ne sera pas le même voyage.

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 Vladivostok                        Saint-Pétersbourg               Kazan

Dans le métro qui me rapproche du Tolstoï boulevard, ma résidence est à proximité, face à moi un passager me rappelle Dostoïevski, je connais l’homme pas l’œuvre. La Russie a ses grands classiques. Sympa il accepte la photo, est-il fier de constater qu’il ressemble à un vrai russe aux yeux d’un étranger ? Quelques heures plus tard, en début de soirée je redescends dans le métro pour me rendre place de la révolution. Une station qu’il ne faut pas manquer. Le métro de la capitale des soviets est de conception différente du nôtre, c’est un bien commun. Le travailleur et les autres qui partent travailler tôt le matin ont le droit à ce faste offert par la glorieuse patrie reconnaissante du labeur quotidien de tous ses sujets. Le métro est plus beau que leur modeste habitat. En même temps c’est un peu propagande, personne ne doit oublier son devoir pour la patrie.Est-ce que le moscovite laborieux est plus heureux que le turbineur parisien chacun dans son couloir de correspondance ? Pas certain, au bout d’une semaine je ne remarquais même plus ce faste austère des stations. Sa propreté, j’acquiesces c’est très agréable.

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 Construit plus tardivement par Staline et selon les standards CCCP, il est profond et résisterait aux bombardements, vaste il peut accueillir des centaines de personne en cas de nécessité. Dans les années 30 les Bolchevicks se sentaient menacés et craignaient déjà des attaques. Dans cette station place de la révolution achevée en 1938 chaque voute en marbre est soutenue par des personnages de bronze très « soviets style », travailleurs, militaires, paysannes, intellectuels soutiennent fièrement les 34m de terre au-dessus d’eux.  

J’ai lu quelque part que leur sculpteur Matveï Manizer a voulu laisser un autre message, tous courbent le dos sous le régime Stalinien. J’observe néanmoins qu’ils plient l’échine avec le sourire, je ne sais pas quoi en penser, aujourd’hui c’est de bon ton de tout jeter aux feux. Je ne nie pas du tout les exactions du petit père des peuples mais ce commentaire je ne l’ai trouvé que dans un documentaire américain.

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 Pour un peu il aurait juré que chaque œil de bronze cacherait une caméra et des micros dans les oreilles des statues écouteraient vos conversations. Petit joueur les russes, Edward Snowden l’a prouvé, l’espionnage américain est d’une autre ampleur. Dommage de ne pas parler russes ils me diraient-ils vraiment ce qu’ils en pensent.  Ces statues plaisent aux touristes du monde entier. Les passants russes, vite imités par les touristes caressent le museau du chien assis aux pieds d’un garde barrière, ses narines brillent plus que toutes les étoiles du communisme dans le métro. Je n’ai vu personne frotter une étoile.

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                                                                                            porte Voskressenskie

 D’autres stations ont également une histoire, certaines ont servi de poste de commandement pendant la guerre, on peut encore voir sur le sol les rails de guidage de l’ancienne porte blindée. Il existerait même un métro 2 très secret qui relierait les points stratégiques du pouvoir. Un russe m’a montré un escalier qui descend à un ancien bunker, un secret de polichinelle aujourd’hui, des documents déclassés par les archives US l’attesteraient.

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 Après un regard sur chaque personne je sors de la station place de la révolution.  Mauvais côté de l’avenue, la place rouge est en face, il faut redescendre en sous-sol et ressortir sur l’autre trottoir. La fatigue commence à ralentir mon allure. Faut bien repérer la sortie de métro car certaines avenues de Moscou peuvent être deux fois plus larges que nos champs Élysées, 120 mètres par endroit à Lenin prospekt.

 Il est des vues du monde que l’on connait tous tellement nous les voyons régulièrement à la télévision, la place rouge en fait partie et ceci depuis les années en noir et blanc. Je presse le pas en franchissant la Porte Voskressenskie, pas facile à prononcer. Elle parait petite à coté des deux immenses bâtiments en brique qui la bordent, l’hôtel de ville et le musée historique. Elle fût construite dans les années 30, toujours par le même, en remplacement de la porte de la résurrection trop étroite pour ses jouets militaires.

 

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Tous ces constructions sont d’un rouge « sang de pigeon ». Et pourtant le nom de la place n’a rien à voir avec cette couleur, ni des matériaux ni du régime, c’est une traduction approximative. En vieux russe le nom signifiait beau. D’ailleurs dans certaines régions le même mot pouvait signifier beau et rouge. On l’a compris pour un russe le rouge c’est beau.

La place Rouge était vide
Devant moi marchait Nathalie
Il avait un joli nom, ………

Je pénètre sur les pavés avec Bécaud dans la tête, Il faut avoir plus de 60 ans pour connaitre cette chanson.

Grosse déception !

La place rouge n’est pas vide, envahie de boutiques provisoires, genre marché de noël, c’est le festival de la musique militaire.

Mais voir au loin le mausolée de Lénine à travers des kiosque de burgers, de «snow globe » et des poupées gigognes de grands footballeurs, c’est une autre image que les défilés militaires avec Brejnev saluant les bolcheviks du même geste de la main que la reine d’Angleterre. 

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Au fond le mausolée de Lénine. 

Ringard : 

 

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Pétersbourg, camarade Pierre et saint Lénine

 

Saint-Pétersbourg

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J’aurais préféré y arriver  en sous-marin soviétique se faufilant au fond du golfe de Finlande, remonter au périscope la Neva et faire surface à  Saint- Pétersbourg. Faut pas rêver, le bus de Riga m’a laissé au bord de la gare.

 La ville que  Pierre Le Grand édifia  en hommage à Pierre l’apôtre. Le quatrième souverain des Romanov  jugeait  sa Russie trop tourné vers des anciennes traditions qu’il rejetait.  Il décida, en 1703, de s’éloigner des boyards ringards de Moscou  et édifia une nouvelle capitale au bord de mer Baltique. En l’installant à une extrémité du plus grand pays du monde il orientait sa Russie vers l’Europe.

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Un rêve impossible, arriver à Saint-Pétersbourg en sous-marin.  

Pendant un temps la cité de Saint Pierre s’affubla du nom d’un drôle apôtre : Lénine selon les évangiles communiste. Leningrad  gardera cette appellation jusqu’en 1991 ou par référendum les habitants votèrent le retour à Saint Pierre. Mais depuis l’époque des évangiles rouge Moscou récupéra et garde toujours son statut de capitale, depuis 1917.   

Actuellement Saint-Pétersbourg a la préférence des touristes et se veut l’attraction phare  en  affichant sa différence culturelle. Je ne sais pas quoi en penser,  je ne suis pas ici pour juger mais pour découvrir. En attendant j’y suis, les guides ne me parlent que de palais, églises et musée, normal pour des guides. Mes visites sont programmées en fonction de la météo dans les pays au ciel capricieux, la pluie me jette dans les musées, le soleil dans la rue. Saint-Pétersbourg prétend posséder l’un des plus grand musée du monde : l’ermitage. De l’extérieur il est attirant comme une pâtisserie à la pistache et chantilly sur son plateau d’argent, la place du palais au bord de la Neva.  On le voit aujourd’hui tel qu’il est depuis 1837 reconstruit par Nicolas Ier  après un incendie.  Malgré de gros dommages lors du siège de 1941 par les nazis et leurs acolytes finlandais il résista à l’épreuve. Par contre tous les chats qui protégeaient les œuvres d’art des souris depuis qu’Elisabeth Ier  périrent pendant ce siège. On devine pourquoi. Comment écrire ceci sans rappeler que 800 000 personnes moururent pendant ces 900 jours d’atrocité.  Les russes n’ont pas beaucoup parlé de cet épisode effacé au profit de la glorieuse bataille de Stalingrad. Est-ce indécent d’évoquer cette anecdote des chats ? Un peu, mais je n’irais jusqu’à souhaiter un monument, les rappels à la guerre sont déjà nombreux.

 

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 A l’ermitage, ce sont plus les dorures du palais qui m’attirent que la profusion d’œuvre d’art.  Inévitable et ridicule de comparer avec Versailles, je trouve le palais français plus bling-bling que le russe, Louis XIV qui se prenait pour le soleil voulait briller.

L’ermitage n’est pas en reste coté magnificence, magnifique escalier, nombreuses dorures  tout ceci plus sobre que Versailles. Les lecteurs de la revue « point de vue » aimeront sans doute. Après trois heures de piétinement sur des parquets  que vous ne trouverez dans aucun catalogue IKEA la fatigue me gagne. Je quitte le palais en  pensant à l’effet de toutes ces richesses sur les sujets de ces prétentieux tsars et tsarines. Le  peuple vivait dans la misère, la faim et les maladies.  Lorsque les ventres affamés prennent le dessus et qu’ils ne peuvent plus regarder leurs monarques comme des divinités bienveillantes les peuples se révoltent. D’abord en France, le roi et la reine  furent  raccourcis, puis en 1918 les Romanov exécutés, même leurs chiens furent passés par les armes. Cela en dit long sur les colères. Désolé de ce ton que certains trouveront  irrévérencieux, je le suis. Je ne peux m’en empêcher lorsque je vois ces gens qui se pâment devant les monarchies. J’en pense pas moins lorsque je croise une idole communiste comme ce saint Lénine pointant du doigt la marche à suivre vers la gloire du socialisme. On connait la suite.  Ils restent  quelques statues dans l’ex Leningrad, elles sont  grandes mais sans dorure, tout de même.

 

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Staline le fameux petit père des peuples a été déboulonné, quand même. Ses portraits se vendent  aux puces de la ville. Moi, de cette passade historique c’est Gagarine que je recherche, à la rigueur je pourrais le mettre sur mon étagère à coté du tintin objectif lune.   

 

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Au Peterhof, le palais de Pierre Le Grand au bord de la Baltique je ne suis pas rentré dans le musée.  Le ciel était trop beau avec le soleil qui se faufilait entre les nuages et jouait avec l’eau des fontaines.  Dans ces contions le royal jardin est reposant et le peuple peut profiter. Des familles  y viennent pique-niquer, 8€ l’entrée équivalent à un bon repas en ville

 

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 Les anciens palais de la noblesse remplissent la ville. Catherine la grande  qui régna de 1762 à 1796 était l’une des femmes les plus romanesques de son siècle. Elle laissa une forte empreinte dans l’histoire. Il ne faut pas que retenir sa réputation sulfureuse, à qui certains attribue la maternité de l’adjectif peu flatteur de «catin» à des dames de petite vertu.  Elle fît grandir la Russie c’est certain, mais socialement son bilan est contestable, enfin le social à cette époque ! Elle eu beaucoup d’amants, son cadeau de rupture pouvait être un palais. Est-ce pour ceci qu’il  y en a tant aujourd’hui ?

 

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Les églises, essentiellement orthodoxe,  ne manquent pas. Pas en odeur de sainteté pendant la période Leningrad elles sont encore là et sont très fréquentées par un peuple dévot. La cathédrale Saint Sauveur sur le sang versé s’est appelé  saint sauveur sur patate quand les rouges l’utilisèrent comme entrepôts de légumes. C’est rigolo ? En passant devant notre dame de Kazan je me suis souvenue que Koutousov était inhumés ici  alors j’y suis rentré par curiosité. Sur le mur à droite de sa tombe sont accrochées les clés de la ville de Nancy saisies pendant la campagne de France en 1814.

 

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Je n’ai pas perdu mon temps sur les traces des fantômes de Saint-Pétersbourg,  Pierre le Grand, Catherine la petite princesse allemande devenue la mère de la Russie, le poète négrillon Pouchkine, Lénine bien sur. Il m’en manque un de taille, ce diable de Raspoutine, le compagnon d’infortune de Corto Maltése, la prochaine fois.

 

 

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11 août 2018

Riga, Du Faubourg St Denis à Nevski prospeck

  La voici cette frontière,  sur le terrain c’est ce pont sur le fleuve Narva qui sépare les deux pays, coté ouest la petite Estonie, de l’autre la grande Russie. Il y a quelques décennies en arrière la démarcation entre l’est le l’ouest  était tracé bien plus loin sur la carte, voyons,  à peu près 1200 km jusqu’à Berlin. Depuis Paris j’ai traversé cinq  pays sans sortir mon passeport du sac, là je dois montrer patte blanche : le visa russe.   Je suis le seul passager non local. Je me... [Lire la suite]
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06 août 2018

Gdansk, tout est faux.

  GdanskExplore this photo album by Gérald Masnada on Flickr!https://www.flickr.com  Tout est faux ?     Cette ville est chouette, les goélands tournoient au-dessus des toits, leurs jappements rajoutent une bande sonore maritime. Je suis dans un port. Je me sens bien dans les ports, dans celui-ci je ne pense pas croiser Corto Maltèse sur un quai car je n’ai pas souvenir qu’une de ses aventures se déroule à 54° degré nord et 18° est. Avec ces données les fortiches en GPS peuvent visualiser à peu... [Lire la suite]
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30 juillet 2018

Berlin, de quel coté du temps ?

  BerlinExplore this photo album by Gérald Masnada on Flickr!   Berlin, prononcez berline, comme les bagnoles dont s’enorgueillissent tant les allemands et que  beaucoup désireraient dans leur garage. Ce n’est pas un hasard de vocabulaire, c’est ici à Berlin au milieu du 17eme siècle que furent «inventées » les premières berlines hippomobiles, un carrosse bricolé avec des suspensions offrant plus de confort aux passagers. Déjà la qualité allemande ? J’ai choisi le chemin de fer pour cette... [Lire la suite]
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29 mars 2018

Lopburi, quand on arrive en ville

  Jadis, elle fût capitale d’un royaume, il lui reste de cette somptueuse époque quelques vestiges éparpillées dans les rues que le temps n’a pas encore complément supprimé. Aujourd’hui Lopburi  est une petite ville de province à quelques heures en train de Bangkok la grande  capitale de Thaïlande, une monarchie.  Celle de Lopburi s’est éteinte vers la fin du 17eme siècle. Elle brilla jusqu’à la cour du roi soleil qui y envoya une ambassade en 1685.        Les français arrivaient en retard... [Lire la suite]
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23 mars 2018

Malacca en histoire-géo

     Spider man                                                                           Mickaël Jackson Une église, une mosquée, un temple chinois et un autre  hindou dans le même quartier à Malacca, c’est commun en Malaisie, pays musulman. Je ne suis pas venu en quête de spiritualité religieuse et encore moins enquêter sur... [Lire la suite]
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14 mars 2018

Siantar, la cité mystérieuse des BOM'S

  Totem à l'entrée dans la cité mystérieuse BOM'S Jeunes, dans les bistrots, entre copains de bistrots, nous refaisions le monde. Sans  y parvenir tout en étant persuadé qu’un jour….. Ce sont les discussions de bistrot.  Le soir dans les hostels et guest-house, après la douche et internet, les globe-trotters se racontent les chemins parcourus  et parlent des routes à prendre. Ils  ne refont pas le monde, ils le sillonnent. Un sujet «discussions de bistrots » fait surface régulièrement : il faut... [Lire la suite]
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07 mars 2018

Parapat Sumatra, nuit gas-oil

        Un becak diesel                        Le jardinier en livraison  Le type s’agite convulsivement sur son becak lorsque je m’avance vers lui. C’est ainsi qu’il m’avertit qu’il ne me comprend pas, mais il est prêt à m’emporter quand même comme passager sans connaitre de destination. Un becak  est un rickshaw ou une petite moto remplace le vélo, un taxi à trois roues avec un guidon. Des hauteurs de l’Himalaya aux rizières de Sumatra ils... [Lire la suite]
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01 mars 2018

Bandar Seri Begawan se met sur son 31

  Capitale du Brunei ? Vous ne le savait pas, je ne suis pas plus malin, je viens de  l’apprendre en achetant le billet de bus pour m’y rendre.   - Vous allez où au Brunei ?  m’interroge la vendeuse dans une cabane maquillée en agence de voyage sur le tarmac du terminal de bus à Miri.     - Je ne sais pas, au centre ville. Je me trouve un peu idiot, je pensais qu’il ni avait qu’une seule ville. - La capitale Bandar Seri Begawan, 50 ringgit.   C’est l’apprentissage  du terrain.... [Lire la suite]
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21 février 2018

Miri, petit prix

Rester une semaine entière dans une « sous préfecture » du Sarawak, avec rien à y voir et rien à y faire ! Pourquoi ? Ce n’est pas cher, 8€ le couchage et 2 € par repas, le budget s’en portera mieux. Et pendant le nouvel an chinois beaucoup de boutiques sont fermées, pas moyen de dépenser son argent. Je sais que la prochaine étape, Brunei,  sera plus couteuse, alors mon porte monnaie m’a conseillé d’attendre ici mon rendez-vous à Kuala Lumpur dans une semaine.        Voilà  la... [Lire la suite]
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